Addictovigilance

L’inquiétante propagation des « euphorisants légaux »

L’inquiétante propagation des « euphorisants légaux »

La consommation de nouvelles substances psychoactives (NSP)* explose dans certains pays européens. En cause, la possibilité de les fabriquer à bas coût et de les diffuser rapidement grâce à Internet. Pharmaciens, soyez prêts à diriger d’éventuels usagers vers le réseau d’addictovigilance.

 

 

La terminologie ambiguë d’« euphorisants légaux » recouvre une réalité inquiétante pour la santé publique. Depuis 2009, 350 substances de synthèse ont été détectées en Europe. La Commission européenne a estimé le marché des NSP à 2,2 millions de consommateurs en 2012. Échappant à toute réglementation alimentaire, du médicament et des stupéfiants, les euphorisants légaux sont vendus sans étiquetage approprié ni précaution d'utilisation.

En majorité des cannabinoïdes de synthèse** ou des stimulants liés aux amphétamines, ces substances provoquent une stimulation ou une dépression du système nerveux central, des hallucinations, une altération de la fonction motrice, du jugement, du comportement, de la perception, de l'attention ou de l'humeur. Quatre fois moins chères que les drogues illicites, elles sont principalement consommées par les jeunes dans un cadre festif ou pour augmenter leurs performances sexuelles. Leur nocivité est très sous estimée ; quelques décès sont à déplorer.

En juillet 2013, un rapport de l'Office des nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) donne l’alerte sur le mésusage croissant des euphorisants légaux et du problème de santé publique qui en résulte. L'Union européenne (UE) décide alors de modifier la procédure applicable aux NSP. Les nouvelles règles adoptées en avril 2014 par le Parlement européen permettent à l'UE de retirer plus rapidement du marché une substance nocive, en six mois, voire moins en cas d'urgence, au lieu de plus de deux ans auparavant.

* Autre appellation des « euphorisants légaux ».
** Une soixantaine de substances, souvent mélangées avec des herbes et vendues sous les noms de « Spice ». En France, la famille des cathinones de synthèse (ou « sels de bain ») a été classée comme stupéfiant par le ministère chargé de la Santé dès 2012.

 

En savoir plus

• Rapport mondial sur les drogues 2013

• Commission des libertés civiles, de la justice et des libertés intérieures du Parlement européen, séance plénière 17-04-2014

• Addictovigilance.fr, pour les notifications éventuelles

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